[Elle se dressait là, sous un énorme saule. Les heures passèrent. Puis il releva la tête appuyé religieusement sur ses mains croisées sur le pommeau de son épée, l'enleva du sol, l'essuya sur sa veste pour ne pas qu'elle rouille et quitta enfin la tombe des yeux.
Son métier consistait à tuer. Pas non plus comme un être froid, dénudé de sentiments, mais tout de même. Pourtant, il ne s'était jamais posé la question. Eh bien, il avait eut la réponse.
Il revint sur le sentier. Le Soleil était bas dans le ciel, nappant les nuages d'une belle teinte orangée dégradée de rouge. Il regarda le pommeau resté dans sa main, continuant sur le fil tranchant de la lame dans son autre main. Lui aussi scintillait d'une couleur rougeâtre.
Il s'effondra au bord de la route, son estomac décidant de rendre. Les yeux tremblants, il s'essuya la bouche et s'assit de façon plus confortable. A perte de vue se dessinait une vaste plaine. Semblable au vide qu'il avait créé, songeat-il.
Conforté dans ses sombres pensées, il se releva et continua sa route d'un pas nonchalant. Il revint alors au village où il avait élu domicile, quelques années auparavant; les gens l'accueillir avec humeur ce jour-ci. Il reçut injures et crachats. Une pierre heurta sa machoire, l'envoyant contre le sol. Il resta ainsi un moment, sous la fureur des villageois et reçut quelques coup de batons. La nuit s'installa pour de bon et chacun rentra chez soi. En se relevant péniblement, il prit la décision de ne pas retourner chez lui. Il continua sa route, là où il n'était jamais allé. Il marcha tant et si bien qu'il finit par atteindre une région de glace et de neiges éternelles. Vêtu de haillons, ayant vendu certains de ses biens, s'étant fait voler le reste, il s'en trouvait à bout de forces. Mais il continua quelques lieux de plus.
Un lac lui bloqua alors la route. Il le regarda un long moment, puis avança jusqu'à la berge et s'assit. Il admira un moment cette étendue d'eau gelée par endroit, se mouvant par la force du vent à d'autre. Il resta ainsi, immobile, jusqu'à ce que les arbres donnent leur premières fleurs, à méditer sur ses actes et sa repentance. Puis personne ne le revit jamais. Là où il se tenait se dresse maintenant un saule, dans cette région enneigée. On dit que son esprit voulant s'excuser lui aurait laissé un dernier hommage. On dit aussi que les deux saules dépendent l'un de l'autre, symbole de sa vie qu'il aura donné en échange de celle qu'il avait prise.
Telle est la légende de la femme et du paria.]
Son métier consistait à tuer. Pas non plus comme un être froid, dénudé de sentiments, mais tout de même. Pourtant, il ne s'était jamais posé la question. Eh bien, il avait eut la réponse.
Il revint sur le sentier. Le Soleil était bas dans le ciel, nappant les nuages d'une belle teinte orangée dégradée de rouge. Il regarda le pommeau resté dans sa main, continuant sur le fil tranchant de la lame dans son autre main. Lui aussi scintillait d'une couleur rougeâtre.
Il s'effondra au bord de la route, son estomac décidant de rendre. Les yeux tremblants, il s'essuya la bouche et s'assit de façon plus confortable. A perte de vue se dessinait une vaste plaine. Semblable au vide qu'il avait créé, songeat-il.
Conforté dans ses sombres pensées, il se releva et continua sa route d'un pas nonchalant. Il revint alors au village où il avait élu domicile, quelques années auparavant; les gens l'accueillir avec humeur ce jour-ci. Il reçut injures et crachats. Une pierre heurta sa machoire, l'envoyant contre le sol. Il resta ainsi un moment, sous la fureur des villageois et reçut quelques coup de batons. La nuit s'installa pour de bon et chacun rentra chez soi. En se relevant péniblement, il prit la décision de ne pas retourner chez lui. Il continua sa route, là où il n'était jamais allé. Il marcha tant et si bien qu'il finit par atteindre une région de glace et de neiges éternelles. Vêtu de haillons, ayant vendu certains de ses biens, s'étant fait voler le reste, il s'en trouvait à bout de forces. Mais il continua quelques lieux de plus.
Un lac lui bloqua alors la route. Il le regarda un long moment, puis avança jusqu'à la berge et s'assit. Il admira un moment cette étendue d'eau gelée par endroit, se mouvant par la force du vent à d'autre. Il resta ainsi, immobile, jusqu'à ce que les arbres donnent leur premières fleurs, à méditer sur ses actes et sa repentance. Puis personne ne le revit jamais. Là où il se tenait se dresse maintenant un saule, dans cette région enneigée. On dit que son esprit voulant s'excuser lui aurait laissé un dernier hommage. On dit aussi que les deux saules dépendent l'un de l'autre, symbole de sa vie qu'il aura donné en échange de celle qu'il avait prise.
Telle est la légende de la femme et du paria.]



